Macron risque de ne pas avoir la majorité absolue

L’affaire Richard Ferrand est un caillou dans le soulier du Président.

 

Analogie avec l’affaire Fillon

Il y a une analogie avec l’affaire Fillon qui présentait deux versants : l’enrichissement personnel et les emplois fictifs. Fillon n’a pas transgressé la loi, les emplois fictifs restent à prouver, la justice tranchera. Tout ce qui lui a été reproché se situe au plan éthique et a profondément ulcéré la France profonde, c’est-à-dire l’ensemble des français qui sont allergiques à tout ce qui lui semble être une magouille. Ces français sont nombreux, ils appartiennent en majorité aux classes laborieuses, mais pas seulement.

La France profonde était bien disposée en faveur de François Fillon, à la suite d’une cascade de révélations, elle s’est détournée de lui, jusqu’à le mépriser.

Fillon a ignoré la France profonde. Il n’a pas compris sa réaction, il s’est défendu à la manière des hommes politiques. Il n’a pas fait acte de contrition, ses excuses du bout des lèvres, ont eu le don d’irriter.

Le drame du personnel politique, dans son ensemble, est de ne pas connaître la France profonde.

Le Président Macron connaît-il la France Profonde ?

L’affaire Richard Ferrand

En 2011, selon Le Canard Enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était le directeur général, souhaitaient louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins et choisissent, entre trois propositions, celle d'une société immobilière, appartenant à la compagne de Ferrand. Cette dernière, selon l'hebdomadaire, monte, alors, très rapidement une société civile immobilière (SCI) et la promesse de location, lui permet d'obtenir un prêt bancaire, équivalent à la totalité du prix de ces locaux «en mauvais état».

Outre une rénovation complète des locaux, aux frais de la mutuelle pour 184.000 euros, toujours selon Le Canard Enchaîné, la valeur des parts de la SCI « a été multipliée par 3000 » six ans plus tard (Source Figaro politique du 24 Mai 1917).

les Mutuelles de Bretagne ont choisi entre trois propositions.

Quelles étaient elles ?

Le montant des frais de rénovation a-t-il été pris en compte ?

Savait-on que la bénéficiaire était la compagne de Monsieur Ferrand ? qu’elle n’était pas propriétaire du local ?

La multiplication par 3000, en six ans, des parts de la SCI, mérite une explication.

Peut-on considérer que l’opération est inattaquable, du point de vue moral ?

Selon-vous cette opération est-elle douteuse ?

Les soutiens

Monsieur Ferrand, je ne vous juge pas. J’appartiens à la France profonde. Votre affaire m’intrigue.

Elle arrive après bien d’autres. Un lien s’établit naturellement.

Apparemment, le gouvernement semble prendre votre défense :

  • - le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, affirme mercredi matin sur Europe 1: « Il n'y a pas de mise en cause par Le Canard Enchaîné de Richard Ferrand. Il y a une information que Richard Ferrand lui-même ne conteste pas, qui relève d'un acte ni délictuel, ni pénal, d'un acte de droit commun »
  • Le premier Ministre s’en remet aux électeurs de la primaire. Attendre les élections c’est donner du temps à vos détracteurs et éloigner des électeurs qui étaient prêts à voter en faveur des candidats présentés par La République en marche. La création d’une majorité présidentielle est en jeu.
  • Le parquet national financier a déjà annoncé qu'il n'ouvrirait au­cune enquête
  • Le Président de la République ne se manifeste pas. On n’entend pas le garde de sceaux.

    ces interventions en votre faveur, risquent d’avoir un effet contraire.

Décidez vite Monsieur Ferrand

Mise en garde

Le Canard Enchaîné procède par étapes : il va peut-être annoncer de nouvelles révélations. La

prudence vous demande de prendre une décision rapidement.

Les temps ont changés, aujourd’hui les français exigent l’exemplarité de la part de leurs dirigeants. Vous n’êtes pas exemplaire. Vous donnez du grain à moudre à tous les opposants au Président Macron. Ils se saisissent de l’occasion pour le critiquer avec virulence.

Ce qui se passe est comparable à un feu de forêt : au départ une allumette suffit mais, très rapidement après, l’incendie n’est plus maîtrisable.

Votre personne est parfois mise en cause. Je vous ai vu sur un marché, vous avez tendu la main à une femme qui, a énergiquement et bruyamment, refusé de la prendre...

Une alternative s’offre à vous :

  • Vous démissionnez rapidement, avec dignité. Le public appréciera votre geste. Votre carrière se poursuivra sereinement.
  • Vous vous cramponnez à votre poste, en ignorant les critiques « après moi le déluge »
    dans ce cas, on peut espérer que vous serez délicatement poussé vers la sortie.
    Délicatement, car on vous offrira l’opportunité de démissionner.

Moralisation de la vie politique

( Dans l’hypothèse où Monsieur Ferrand serait maintenu à son poste)

  • L’accueil des lois de la moralisation de la vie politique risquerait d’être mitigé.
  • Pour les français, le gouvernement n’aurait pas balayé devant sa porte «  cause toujours ...« .
  • D’aucun penseraient que rien n’a changé sur terre.
  • La confiance en ce gouvernement risquerait d’être écornée.

Un exemplaire de ce texte est adressé, ce jour, par e-mail, à Monsieur le Président de la République,

au garde des Sceaux et à Monsieur Richard Ferrand.

Le 27 Mai 2007