Le 27 Mai 2017 nous avons publié, dans ce blog, l’article : Macron risque de ne pas avoir la majorité absolue. Depuis, comme nous l’avions annoncé, la situation du gouvernement se dégrade.

 

Jusqu’ici, le Président Macron est sur un nuage, il a réussi un parcours sans faute.

Sait-il qu’il a trois cailloux dans sa chaussure ? Peut-être pas, car, pour comprendre cette situation, il faut connaître l’existence de la France profonde et la comprendre.

 

La France profonde est constituée par un nombre considérable de français, issus de tous les milieux,

allergiques à tout ce qui ressemble à des comportements douteux. Elle juge sévèrement les hommes, ses jugements sont moraux, que la loi soit ou non transgressée. Elle est silencieuse.

 

Premier caillou : l’affaire Richard Ferrand

Richard Ferrand n’est pas novice en politique. Il a su quitter, à temps, le parti socialiste.

Il ne semble pas avoir géré, avec désintéressement, les Mutuelles de Bretagne. Il n’a pas transgressé la loi mais, il n’a pas pris en considération la morale.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/25/comprendre-les-accusations-contre-le-ministre-richard-ferrand_5133865_823448.html#f9Wxq0fQ2ZiZG1IK.99


On attend de nos élus un comportement exemplaire.

Il pourrait démissionner rapidement de son poste de ministre : il ne le fait pas, la place est trop bonne, trop avantageuse, j’y suis j’y reste. Il fragilise le gouvernement, il n’en tient pas compte. Son comportement n’a rien d’exemplaire. En tant que simple citoyen, il me choque.


Deuxième caillou : mise en cause de l’autorité du premier ministre

Monsieur le Premier Ministre c’est à vous qu’incombe la responsabilité de traiter le dossier Richard Ferrand. Vous temporisez et dites que les électeurs trancheront. Vous laissez filer le temps. Or le temps joue contre le gouvernement, l’affaire prend de plus en d’ampleur, jour après jour.

D’ici aux élections, combien d’électeurs perdrez-vous ? Combien de vos candidats seront-ils battus ? Aurez-vous la majorité absolue ?


Politiquement, vous n’avez pas le choix, faites preuve d’autorité.


Troisième caillou : Mise en cause du Président

En politique, on n’a pas d’amis, seul l’intérêt du pays compte.

Tout se passe comme si votre amitié envers Richard Ferrand, prenait le pas sur l’intérêt de la France.


Votre Mandat dure quatre ans. L’affaire Richard Ferrand , accrédite l’idée que rien ne change et que le copinage est toujours de mode. Elle pollue vos premiers pas. Vous risquez de la traîner, comme un boulet, pendant toute la durée de votre quinquennat, ses conséquences à long terme sont imprévisibles


Une simple allumette peut être à l’origine d’un feu de forêt. Le feu se propage à grande vitesse, la situation devient rapidement incontrôlable. Nous sommes encore au temps de l’allumette, pendant quelques heures.


Conclusion

On attend de nos élus un comportement exemplaire. On ne supporte plus, ceux qui tirent profit d’une excellente connaissance de la loi, en faisant fi de la morale. Leur comportement doit changer. On ne supporte plus le copinage.


L’affaire Richard Ferrand est choquante.
Personnellement, j’attendrai jusqu’aux élections législatives avant de me déterminer. Si l’affaire Ferrand n’est pas éteinte, je m’abstiendrai.

L’affaire Richard Ferrand est un caillou dans le soulier du Président.

 

Analogie avec l’affaire Fillon

Il y a une analogie avec l’affaire Fillon qui présentait deux versants : l’enrichissement personnel et les emplois fictifs. Fillon n’a pas transgressé la loi, les emplois fictifs restent à prouver, la justice tranchera. Tout ce qui lui a été reproché se situe au plan éthique et a profondément ulcéré la France profonde, c’est-à-dire l’ensemble des français qui sont allergiques à tout ce qui lui semble être une magouille. Ces français sont nombreux, ils appartiennent en majorité aux classes laborieuses, mais pas seulement.

La France profonde était bien disposée en faveur de François Fillon, à la suite d’une cascade de révélations, elle s’est détournée de lui, jusqu’à le mépriser.

Fillon a ignoré la France profonde. Il n’a pas compris sa réaction, il s’est défendu à la manière des hommes politiques. Il n’a pas fait acte de contrition, ses excuses du bout des lèvres, ont eu le don d’irriter.

Le drame du personnel politique, dans son ensemble, est de ne pas connaître la France profonde.

Le Président Macron connaît-il la France Profonde ?

L’affaire Richard Ferrand

En 2011, selon Le Canard Enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était le directeur général, souhaitaient louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins et choisissent, entre trois propositions, celle d'une société immobilière, appartenant à la compagne de Ferrand. Cette dernière, selon l'hebdomadaire, monte, alors, très rapidement une société civile immobilière (SCI) et la promesse de location, lui permet d'obtenir un prêt bancaire, équivalent à la totalité du prix de ces locaux «en mauvais état».

Outre une rénovation complète des locaux, aux frais de la mutuelle pour 184.000 euros, toujours selon Le Canard Enchaîné, la valeur des parts de la SCI « a été multipliée par 3000 » six ans plus tard (Source Figaro politique du 24 Mai 1917).

les Mutuelles de Bretagne ont choisi entre trois propositions.

Quelles étaient elles ?

Le montant des frais de rénovation a-t-il été pris en compte ?

Savait-on que la bénéficiaire était la compagne de Monsieur Ferrand ? qu’elle n’était pas propriétaire du local ?

La multiplication par 3000, en six ans, des parts de la SCI, mérite une explication.

Peut-on considérer que l’opération est inattaquable, du point de vue moral ?

Selon-vous cette opération est-elle douteuse ?

Les soutiens

Monsieur Ferrand, je ne vous juge pas. J’appartiens à la France profonde. Votre affaire m’intrigue.

Elle arrive après bien d’autres. Un lien s’établit naturellement.

Apparemment, le gouvernement semble prendre votre défense :

  • - le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, affirme mercredi matin sur Europe 1: « Il n'y a pas de mise en cause par Le Canard Enchaîné de Richard Ferrand. Il y a une information que Richard Ferrand lui-même ne conteste pas, qui relève d'un acte ni délictuel, ni pénal, d'un acte de droit commun »
  • Le premier Ministre s’en remet aux électeurs de la primaire. Attendre les élections c’est donner du temps à vos détracteurs et éloigner des électeurs qui étaient prêts à voter en faveur des candidats présentés par La République en marche. La création d’une majorité présidentielle est en jeu.
  • Le parquet national financier a déjà annoncé qu'il n'ouvrirait au­cune enquête
  • Le Président de la République ne se manifeste pas. On n’entend pas le garde de sceaux.

    ces interventions en votre faveur, risquent d’avoir un effet contraire.

Décidez vite Monsieur Ferrand

Mise en garde

Le Canard Enchaîné procède par étapes : il va peut-être annoncer de nouvelles révélations. La

prudence vous demande de prendre une décision rapidement.

Les temps ont changés, aujourd’hui les français exigent l’exemplarité de la part de leurs dirigeants. Vous n’êtes pas exemplaire. Vous donnez du grain à moudre à tous les opposants au Président Macron. Ils se saisissent de l’occasion pour le critiquer avec virulence.

Ce qui se passe est comparable à un feu de forêt : au départ une allumette suffit mais, très rapidement après, l’incendie n’est plus maîtrisable.

Votre personne est parfois mise en cause. Je vous ai vu sur un marché, vous avez tendu la main à une femme qui, a énergiquement et bruyamment, refusé de la prendre...

Une alternative s’offre à vous :

  • Vous démissionnez rapidement, avec dignité. Le public appréciera votre geste. Votre carrière se poursuivra sereinement.
  • Vous vous cramponnez à votre poste, en ignorant les critiques « après moi le déluge »
    dans ce cas, on peut espérer que vous serez délicatement poussé vers la sortie.
    Délicatement, car on vous offrira l’opportunité de démissionner.

Moralisation de la vie politique

( Dans l’hypothèse où Monsieur Ferrand serait maintenu à son poste)

  • L’accueil des lois de la moralisation de la vie politique risquerait d’être mitigé.
  • Pour les français, le gouvernement n’aurait pas balayé devant sa porte «  cause toujours ...« .
  • D’aucun penseraient que rien n’a changé sur terre.
  • La confiance en ce gouvernement risquerait d’être écornée.

Un exemplaire de ce texte est adressé, ce jour, par e-mail, à Monsieur le Président de la République,

au garde des Sceaux et à Monsieur Richard Ferrand.

Le 27 Mai 2007

Vous allez voter. Connaissez-vous les candidats locaux. Au risque de me tromper, je suppose que vous ne les avez jamais rencontrés, et que vous ne les connaissez pas. Vous recevrez, quelques jours avant le vote, des déclarations d’intention ; dans la plupart des cas, elles constitueront vos seules informations.

Les principaux critères de choix

Le parcours des candidats

La majorité des candidats fait de la politique pour en vivre, ce sont des carriéristes. Est-ce préjudiciable à un activité d’élu ? Parmi eux, il y a des personnes compétentes. La moindre des choses est de demander à un futur législateur d’avoir une expérience de la société. L’a-t-il ? On peut en douter quand les candidats n’ont jamais travaillé dans le secteur privé.

Quand ils ont fait des études brillantes et se sont immédiatement consacré à la politique, ils n’ont pas l’expérience du monde du travail ni de la société.

L’appartenance politique

Voter pour le parti du candidat soulève un problème. La droite et la gauche se sont discréditées

et nous ont déçus. Les partis sont en pleine décomposition. L’appartenance à un parti classique

ou non, n’est pas, aujourd’hui, une référence.

A ce jour, les jeux sont faits, nous avons un nouveau Président. Il inspire de l’espoir pour certains, de la méfiance pour d’autres. La question est : voulons-nous lui permettre d’appliquer son programme ? si c’est le cas, nous pouvons voter pour son candidat, en oubliant les autres critères.

Les critères secondaires

Contacts personnels

J’ai rencontré, à plusieurs reprises, mon député. Il m’a toujours reçu chaleureusement. Il m’a écouté et a pris des notes. Quelque temps après, j’ai reçu une lettre en provenance de l’Assemblée Nationale, m’indiquant qu’il avait fait suivre ma demande. Moralité de l’histoire je n’ai rien obtenu et je ne connais pas mon député.

Le sexe

Écarter une candidate, parce qu’elle est une femme, est une bêtise ; à l’inverse, voter pour elle uniquement parce qu’elle est une femme ou parce qu’elle est belle est aussi absurde. On doit prendre en compte ses compétences.

Voter pour un homme parce que c’est un brave type ( Jacques Chirac) ou parce qu’il est beau, est une ânerie.

L’Europe

Nos Présidents successifs n’ont rien fait pour l’Europe. Ils n’ont pas contribué à la mise en place d’une véritable gouvernance européenne. Ils ont permis son élargissement débridé. Ils ont acceptés que pour les votes importants, un seul Etat puisse s’opposer à l’adoption d’une loi, ce qui condamne l’Europe à l’immobilisme. Lorsqu’ils rencontrent une difficulté intérieure, «  c’est la faute à l’Europe ».

Les jeunes générations veulent plus d’Europe.

Conclusion

A ce jour, les jeux sont faits, nous avons un nouveau Président. Il inspire de l’espoir pour certains, de la méfiance pour d’autres. La question est : veut-on lui permettre d’appliquer son programme ? si c’est le cas, on peut voter pour son candidat, en oubliant les autres critères.

C’est un pari sur l’avenir. Nul n’est pas obligé d’épouser ce point de vue.

Ode à la pédagogie


Monsieur le Président, votre nomination fait naître autant d’espoirs que de craintes. Beaucoup de français ne vous connaissent pas. Vous voulez rassembler et réformer. Cela est possible, à la condition, de recourir à la pédagogie.


C’est au peuple français que vous devez rendre des comptes. Le président Roosevelt s’est adressé, au peuple américain, à la radio, une heure par semaine. Il a expliqué en prenant du temps, en termes compréhensibles par tous, ses projets et ses décisions.


Vos explications donneront le sentiment que vous vous intéressez à tout un chacun ; même ceux, qui ne les comprendront pas, seront satisfaits. Il y aura moins de malentendus. Les français seront moins impatients, ils donneront raisonnablement du temps au temps. Vous serez moins diabolisé. Il y aura moins de monde dans les manifestations de rue.


Parler aux français est urgent, ne perdez pas de temps, faites de la pédagogie dès aujourd’hui.


Monsieur le Président, de la pédagogie, de la pédagogie et encore de la pédagogie.

François Fillon n’a pas compris la France Profonde, il n’est pas le seul . Il partage cette ignorance avec l’ensemble du personnel politique.


La France profonde est enracinée dans toutes les classes de la société. Elle est allergique aux combines et à tout ce qui passe pour être malhonnête. Elle ne comprends pas qu’on puisse s’enrichir en exploitant des dispositions légales. Quand elle est blessée, la blessure est généralement profonde. Elle n’accepte pas les excuses conventionnelles prononcées du bout des lèvres


J’ai tenté de faire comprendre aux LR que La France profonde ne voterait pas pour François Fillon s’il continuait à l’ignorer.


J’ai adressé à tous les députés LR un message intitulé :

Sauver le soldat Fillon

Pour sauver le parti LR, il faudra convaincre François Fillon.

Obtenir le vote des électeurs déçus est encore possible.

lire

http://grainamoudre.fr/index.php/le-blog/


L’essentiel du message est le suivant. Pour que François Fillon puisse retrouver les votes des français déçus:

  •  il devrait commencer par faire un sérieux effort pour comprendre la France profonde. Il part de loin, ce sera difficile.
  •  Il devrait intervenir, à la télévision, à une heure de grande écoute, pour présenter le nouveau Fillon, en expliquant la démarche qui lui a permis de  mieux comprendre tous les français.

  • Il devrait demander à être pardonné, non pas du bout des lèvres, mais avec ses tripes. Cet acte de repentance n’est pas une humiliation c’est un        acte qui demande de l’intelligence et du courage.

  •  pour terminer, il devrait prendre l’engagement, d’imposer la transparence au niveau de l’appareil de l’Etat. Il pourrait proposer le modèle suédois. En Suède les citoyens peuvent vérifier les dépenses de leurs élus, ils ont accès à leurs comptes. Le contrôle des dépenses de l’argent publique par les citoyens n’est donc pas antidémocratique. Les élus suédois n’ont pas demandé l’abolition de ce contrôle.

Le message n’a pas été reçu, la sanction méritée ne s’est pas fait attendre.


Les députés qui n’ont pas su éviter un échec cinglant vont tout faire pour être réélus